Interview : Troy, 12 août 2001, Festival Route du Rock #11, Saint-Malo

Avec Fugazi, Chokebore incarne le rock américain tel qu'il peut-être fait de la manière la plus sincère et passionée qui soit. Trois albums superbes à leur actif, entre rock puissant, noise intense et pop subtile et profonde, le style de Chokebore est pourtant difficile à expliquer, peut-être en partie à cause de la voix si personnelle et émotionnelle de Troy B. Balthazar. C'est justement lui (en personne !) qui répond au questions de Melodick lors d'une rencontre courte mais inoubliable...

Vous vous apprêtez à sortir un nouvel album faisant suite à Black Black. Y'a-t-il une nouvelle orientation musicale ?

Oui, c'est différent... Nous avons introduit plus de piano. Nous avons eu beaucoup de temps pour travailler sur les nouvelles chansons. D'habitude, sur les autres albums, nous composions en tournée, mais cette fois-ci, effectivement, nous avons eu le temps de bosser les compos, de changer des trucs, de les faire mieux...

La couverture de ce nouvel album semble attirer davantage l'attention que celle de Black Black par exemple...

Nous travaillons toujours sur les pochettes. Nous avons choisi cette image mais nous aurions tout à fait pu en choisir une autre ! Celle-là est bien, je trouve !

Vous avez l'habitude de jouer de longues compositions. Qu'attendez-vous exactement de tels morceaux ?

Tant que cela sonne bien, le temps que dure la chanson n'a pas vraiment d'importance pour nous.

La répétition ne vous dérange pas ?

Non, c'est chouette ! Tiens, un jour, on est allé au supermarché à Los Angeles, et dans la voiture, ils ont passé Chokebore à la radio, on était super contents ! On a fait nos courses et tout. En remontant dans la voiture, la chanson tournait toujours (rires).

Pourquoi avoir choisi d'enregistrer vos deux derniers albums en France ?

Hum... Nous aimons bien la France ! Et puis les studios (ndr : Black Box) sont vraiment biens. Le nouvel album est enregistré à Los Angeles pour changer, mais nous reviendrons sûrement enregistrer en France parce que c'est cool ici ! Nous avons plein d'amis, les gens font de la musique un peu partout.

Y'a-t-il des groupes particuliers qui attirent ton attention en ce moment ?

Des groups récents...euh...non. Je n'écoute pas beaucoup de musique. Il n'y a pas de groupes particuliers dont je sois vraiment fan.

Préférez-vous jouer dans des festivals comme aujourd'hui (ndr : La Route du Rock 2001), ou plutôt dans des petites salles, peut-être plus intimes ?

Entre les deux ! En fait, les petits clubs sont les endroits où tu fais les meilleurs concerts en général. Les gens sont proches les uns des autres... c'est super ! Ici, cela devrait tout de même être cool ce soir. Mais... ouais, le mieux, c'est les salles où tu vois tout le monde...

Penses-tu que la musique de Chokebore reflète vos personnalités ?

Oui. Même si des fois, il m'arrive de penser le contraire, je dois me rendre à l'évidence. Notre musique reflète sûrement nos personnalités. J'essaie bien d'être plus positif dans la musique... Oui, voilà, j'essaie...

Les chansons de Chokebore sont plutôt pessimistes. Est-ce dans cette optique là que vous considérez la création musicale ?

Non ! La création musicale est vraiment positive. Moi, je n'essaie pas d'être spécialement pessimiste, j'essaie juste d'écrire de belles chansons. Quand j'écoute un CD en général, ce que j'aime, ce sont les chansons tristes. Je trouve cela également plus intéressant. C'est peut-être l'une des raisons pour laquelle je n'arrive pas à écrire des chansons plus gaies. Quelques chansons positives sonnent bien aussi. Mais pour moi, c'est plus dur !

Tu n'aimes pas écrire des chansons joyeuses ?

Je ne sais pas écrire de chansons joyeuses, je ne pourrais pas... Même si je sais que les gens ont besoin de chansons joyeuses, tout ce que j'arrive à faire, c'est écrire la musique que j'écris.

Melodick.com (12 août 2001)