Chokebore - Black Black

J'ai tellement attendu la sortie de ce quatrième album que lorsque je l'ai eu entre les mains, je me suis aussitôt précipité chez moi pour l'écouter, mais juste au moment de le mettre dans ma platine, le doute a commencé à m'envahir. Comme toujours quand j'appréhende le nouvel album d'un de mes groupes cultes ! C'est bizarre car autant je suis presque certain d'aimer le nouveau tant j'ai aimé les précédents, autant j'ai peur d'être déçu et que la magie du groupe n'opère plus. Ce sentiment est encore plus fort quand ces groupes jouent une musique pas très immédiate, comme celle de Chokebore. Car fatalement, une écoute n'y suffira pas pour lever le mystère. Bien sûr l'âpreté furieuse d'Alaska tape aussitôt dans l'oreille, tout comme ce dernier morceau triste et répétitif de près de quinze minutes. Mais le reste : le chant de Troy parfois surprenant, les morceaux si tristes qu'ils prennent à la gorge sans qu'on sache pourquoi, les trouvailles à la guitare sont plus exigeants. Plusieurs écoutes plus tard, il faut se rendre à l'évidence, rassuré : cet album est énorme, encore plus mélancolique que précédemment, comme l'indique le titre de l'album Black Black. Les morceaux lents sont plus nombreux mais les morceaux noise sont plus violents que sur A Taste for Bitters. Chokebore a fait un pas de plus vers le génie !

Sullivan

Kérosène #6 (mai 1998)