Interview : Troy, 14 avril 2001, 12ème Rock Festival, Fontenay-le-Comte

Putain, 3 ans. 3 ans sans apercevoir l'ombre des mutants du down rock, sans voir les déhanchements psychotiques de Troy Von Balthazar et les bras tronçonneuses de James le bassiste, sans vivre ces concerts compacts et ralentissants. Attention, les gars de Chokebore sont de retour sur scène et ils sont pas contents... Voyons voir ce qu'en dit Troy Von Balthazar à l'issue de leur set.

On ne vous avait pas vu en France depuis deux ou trois ans, qu'avez-vous fait pendant ce temps là ?

On a écrit et composé un nouvel album, peut-être même deux, on est maintenant prêts à enregistrer. On est allé en tournée au Japon dans des festivals. On a aussi pris du repos afin de faire en sorte que la musique conserve la même importance dans nos vies à tous. Maintenant on est prêt et on a de nouveau envie de jouer, de tourner, d'enregistrer.

Un petit changement de line-up entre temps ?

Pas du tout, c'est en fait le [deuxième] batteur du groupe qui est revenu pour cet album. On n'avait pas joué ensemble depuis «A Taste for Bitters» et comme le batteur de la tournée précédente voulait arrêter, l'opération s'est déroulée tout naturellement.

Sur l'album «Black Black» vous paraissiez être à la recherche du tempo le plus lent du monde, vous êtes toujours dans cet état d'esprit ?

Parfois... Mais on a un peu tendance à accélérer le tempo parce qu'on a l'impression d'avoir fait le tour de ces chansons lentes. Mais le problème n'est pas là, ce qu'on cherche c'est à écrire la chanson parfaite, la chanson la plus belle. Ce qui nous prendra probablement la vie entière (rire) c'est pour ça qu'on continue à faire des albums.

Sur scène vous jouez toujours avec les tempos, les ralentissements, pourquoi ?

C'est parce qu'il n'y a jamais de set pré-établi. On essaie de faire vivre les morceaux au maximum, pour nous surprendre et éventuellement expérimenter. Par exemple on a réenregistré la chanson «It Could Ruin Your Day» qui date d'il y a deux albums pour un résultat tout à fait différent.
Ce qu'on recherche c'est le plaisir.

Tu as des projets solo ?

Oui, je joue seul avec ma guitare sous le nom de B. Balthazar (mon vrai nom est Bruno - scoop de la rédac !). J'ai une tournée prévue en Italie en mai et probablement dans les festivals cet été. Vous pouvez écouter des morceaux en MP3 sur www.sweetreceiver.com. C'est assez différent de Chokebore, je ne voulais pas me limiter à un style. Ces chansons-là ne pouvaient juste pas être celles de Chokebore.

Pour toi la musique c'est un style de vie ou une période de la vie ?

Non, c'est vraiment ma vie. Chaque jour je me réveille et je me couche en pensant à la musique. Je crois que je ne changerai jamais même si je dois mourir pauvre.

Dates de tournée ?

Prague dans deux jours puis retour en France à Bordeaux, Paris, Cognac et quelques dates dont je ne me rappelle plus, ça me fait toujours peur de regarder la liste des concerts.

Bifi

Rock Festival de Fontenay-le-Comte (14 avril 2001)